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2 avril 2020

Perspectives sur les secteurs

Les marchés sont demeurés volatils, alors que la pandémie de la COVID-19 a continué d’évoluer rapidement durant la dernière semaine. La Chine semble se relever de la phase initiale de la crise, tout en tentant de prévenir une potentielle deuxième vague, tandis que les cas d’infection et les décès en Italie et en Espagne ont commencé à décliner, alors qu’ils se trouvaient à des niveaux extrêmement élevés. Les États-Unis sont devenus l’épicentre mondial de la pandémie et plus d'États mettent en œuvre des mesures de confinement à la lumière de l'augmentation significative du nombre de cas confirmés. En outre, les chocs subis simultanément sur les plans de l’offre et de la demande de pétrole ont un lourd effet sur le cours mondial qui continue de se négocier à des niveaux jamais vus depuis plus d'une décennie. Il était étonnant de voir, plus tôt cette semaine, un baril de Western Canadian Select se négocier à des niveaux inférieurs au prix d’une chopine de bière de microbrasserie, avant de bondir de plus de 20% suivant l'annonce d'un éventuel accord entre la Russie et l'Arabie saoudite.

Dans ce contexte, notre équipe continue de faire ce pour quoi nos clients nous font confiance : s’occuper de construire des portefeuilles de qualité, qui créent une valeur durable à long terme. À cette fin, nos gestionnaires de portefeuille et analystes ont passé beaucoup de temps à discuter avec les équipes de direction des entreprises ces dernières semaines. Ils sont en contacts réguliers avec les sociétés qu’ils suivent, évaluant la résilience de nos investissements pendant que la crise perdure. Afin de répondre aux questions que nous avons reçues de nos clients, nous avons voulu partager certaines de nos perspectives quant à trois secteurs spécifiques : les services financiers, les technologies de l’information et les soins de santé.

Selon nous, comment se comportera le secteur financier?

Des taux d’intérêt peu élevés, une baisse des cours du pétrole et un PIB qui dégringole ne forment pas une bonne combinaison pour les banques du monde qui, souvent, agissent comme des indicateurs immédiats de l’économie. Les banques canadiennes ont entamé la crise actuelle avec un niveau de capital nettement plus important que durant la crise financière mondiale. Par ailleurs, leurs bénéfices avant impôt et avant provisions pour pertes sont très solides en comparaison de toutes charges qu’elles seront censées assumer pour des futures pertes sur prêt. En conséquent, nous estimons qu’il est hautement improbable que les banques canadiennes aient à émettre des actions ou à réduire leur dividende. La situation est différente du côté de l’Europe où il vient d’y être annoncé un report de paiement de dividende pour les banques, ce qui préoccupera évidemment les investisseurs en quête de revenu. Nous pensons qu’il est peu probable que le Canada, les États-Unis ou d’autres pays en fassent autant. Les évaluations sont à des niveaux plancher (ou inférieurs), reflétant des fondamentaux en détérioration pour la plupart des banques du monde. Des situations comme celles-ci ont habituellement offert d’excellentes opportunités de bâtir des positions dans des entreprises de grande qualité. Dans le domaine de l’assurance, les entreprises souffrent simultanément du repli des marchés boursiers, des bas niveaux de taux d’intérêt et d’une augmentation imprévue du nombre de réclamation.

La qualité du portefeuille d’un assureur et sa compétence en matière de souscription sont des éléments qui distinguent les meilleures entreprises des autres. Nous ne doutons pas que celles faisant partie de notre portefeuille sont parmi les plus robustes et résilientes en matière d’assurance de bien, d’habitation et d’assurance-vie. En raison des opérations de vente assistées par ordinateur et des fonds passifs (indiciels) qui ont été forcés de vendre, tout le groupe a sous-performé, ce qui offre la possibilité d’acquérir à escompte des entreprises dont les fondamentaux sont solides.

En général, le vente des titres du secteur financier a été rapide dans la situation actuelle de repli des marchés. Toutefois, nous croyons que le caractère défensif et la qualité des entreprises de ce secteur vont ressortir à mesure que la situation évolue et que ces sociétés se redresseront rapidement, lorsque la crise s’estompera.

Comment se porte le secteur des technologies de l’information durant la crise ?

Jusqu’à présent, le secteur mondial des technologies de l’information s'est généralement bien comporté durant la crise. Pour bon nombre de nos titres de ce secteur, la combinaison d’un modèle d’affaires isolé et la tendance à la baisse des taux d’intérêt ont contribué à la performance des entreprises qui se transigent à des niveaux de multiple élevés. Notre philosophie met l’accent sur les sociétés qui ont une base de revenus récurrents. Ces revenus sont moins exposés aux ralentissements économiques et ceci nous a servi de manière positive au cours des dernières semaines. Notre approche a également favorisé les entreprises qui font partie de la transition vers le stockage infonuagique, et nous prévoyons profiter du recul de certains titres pour accroître nos participations. Du côté négatif, toutes les entreprises exposées à des volumes de transactions ou à des voyages ont subi des pressions de vente et, comme dans de nombreux autres domaines, toute entreprise dont l'effet de levier est supérieur à la moyenne a eu tendance à sous-performer.

Pourquoi le secteur des soins de santé n’a pas réagi aussi défensivement, lors du repli actuel?

Habituellement, le secteur des soins de santé est quelque peu isolé des corrections boursières, car la plupart des produits du secteur sont considérés comme « essentiels », c’est-à-dire que leur demande évolue indépendamment de l’économie. C’est là une raison pour laquelle nos portefeuilles étrangers ont habituellement une allocation significative à ce secteur. Au cours de la crise actuelle, alors que le secteur a mieux performé que la moyenne en générale, on a vu une segmentation accrue entre les entreprises fournissant des produits liés à la COVID-19 ou qui sont nécessaires sur une base continue (les produits pharmaceutiques, par exemple) et celles dont les produits sont requis pour des actes médicaux considérés non urgents (l’orthopédie, par exemple). La différence de rendement entre ces deux types d’entreprises a été remarquable, le premier groupe surpassant facilement l’indice de référence, mais le second sous-performant de beaucoup. Les entreprises de qualité de ce second groupe devraient être en bonne position financière pour passer au travers de cette période où la priorité est accordée aux sociétés offrant des produits qui répondent aux besoins engendrés par la COVID-19.

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