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27 mars 2020

Perspectives sur les marchés : réactions face à la pandémie et aux mesures d’aides financières

La pandémie de la COVID-19 continue d’évoluer rapidement, avec de nouveaux développements à tous les jours. Le monde est essentiellement « en confinement » et les leaders mondiaux sont confrontés à la tâche monumentale de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour protéger les citoyens de leur pays tout en fournissant du soutien pour alléger les impacts économiques. Les derniers jours ont été particulièrement volatils sur les bourses. Nous avons observé des mouvements de marché de plus de 10 % à la baisse comme à la hausse. Ces mouvements sont notamment suscités par les manchettes faisant état des augmentations rapides des taux d’infection dans le monde et des mesures de stimulation sans précédent annoncées par les gouvernements. Ceci fournit des indications supplémentaires confirmant que la stratégie la plus sensée demeure celle de maintenir le cap et de ne pas prendre de décisions imprudentes.

Bien qu’il y ait encore beaucoup d’incertitude, il est clair que la majorité des gouvernements font preuve de fermeté dans leurs prises de décisions et prennent des mesures sans précédent pour stimuler l’économie et soutenir leurs citoyens. Aux États-Unis, la Chambre et le Sénat se sont entendus sur des mesures de stimulation budgétaire de deux mille milliards de dollars. Au Canada, une enveloppe d'aide de 107 milliards de dollars a été approuvée. Cette enveloppe comprend du financement direct et des reports d'impôts, ce qui représente un allégement immédiat aux particuliers et aux entreprises touchés par les mesures de confinement. Les taux d’intérêt ont été abaissés et les banques centrales tentent de maintenir les liquidités dans tous les secteurs. Les marchés ont réagi favorablement, mais sont encore près de 20 % en dessous des sommets atteints en février. Nous nous attendons à ce que les marchés demeurent volatils jusqu’à ce que la croissance exponentielle des nouveaux cas d’infection et du nombre de décès commencent à se stabiliser, bien que les actions menées par les banques centrales pourraient réduire l'intensité des fluctuations. Les statistiques aux États-Unis seront particulièrement importantes dans ce contexte. 

L’effet de cette crise sur l’économie mondiale reste à déterminer. Un nombre record de personnes s’inscrivent à l’assurance-emploi, et, si l’on ajoute les nombreuses fermetures de commerces liés à la consommation, ceci entraînera probablement une contraction substantielle du PIB au premier trimestre. Cependant, ces emplois pourraient, en théorie, être récupérés progressivement au fur et à mesure que la crise s'atténue. Au Canada, la situation est exacerbée par la guerre des cours du pétrole qui découle du conflit entre les membres de l’OPEP+, la Russie et l’Arabie Saoudite. D’autre part, la Chine montre des signes de récupération et nous assistons à une reprise de son activité économique. Ceci nous porte à croire qu’une fois que le virus sera contrôlé et que les restrictions seront éliminées, l’économie mondiale devrait se rétablir vigoureusement.

En ce qui concerne les marchés boursiers depuis le début de la crise, les secteurs traditionnellement défensifs, à l’exception de l’immobilier, ont mieux réagi de manière générale, tandis que les secteurs cycliques et ceux liés aux produits de base ont davantage souffert. Les multiples cours/bénéfices de l’indice S&P 500 ont chuté à une vitesse sans précédent en deux semaines, passant d’un sommet de 19 fois les bénéfices prévisionnels à 13 fois. Par conséquent, d’un point de vue statistique, les baromètres de marché sont solidement ancrés en zone « d’achat ». Cela dit, nous cherchons à exploiter les divergences entre les évaluations et les facteurs fondamentaux à long terme des entreprises de qualité de manière prudente.

Tout au long de cette période, nos analystes et gestionnaires de portefeuille demeurent en contact régulier avec les entreprises qu’ils suivent. Ils posent des questions difficiles aux dirigeants concernant la solidité de leur bilan, la capacité à maintenir les dividendes et la façon dont les clients sont touchés. Ils évaluent également le caractère défensif et les vents de face potentiels à court terme et à long terme, de manière à déterminer quelles sociétés se rétabliront le plus fortement, lorsque la crise prendra fin. Le thème commun qui se dégage des rapports de nos analystes est que, si nous sommes patients, nous trouverons que nos portefeuilles qui détiennent des entreprises résilientes et de grande qualité devraient bien récupérer, une fois que cette crise pandémique sera chose du passé.

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