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28 avril 2015

Investir va à l’encontre des émotions

Par: Stephen A Jarislowsky

Acheter au creux/vendre au sommet est logique. Puisque chez les humains, les émotions sont plus fortes que la pensée logique, on pourrait anticiper qu’ils vendront des actions lorsqu’elles sont dépréciées et qu’ils les achèteront lors qu’elles seront pleinement évaluées. Des marchés élevés ramènent la confiance, des marchés à la baisse suscitent la peur – exactement l’inverse de ce que devrait être un bon processus d’investissement et ceci explique pourquoi plusieurs investisseurs perdent de l’argent sur leurs placements en actions, en dépit du fait que les marchés boursiers augmentent à long terme. Je recommande que ceux qui ne peuvent pas contrôler leurs émotions  évitent les marchés boursiers.

Ceci ne signifie pourtant pas que vous devriez acheter une action spécifique simplement parce que son prix a baissé. Plusieurs titres peuvent devenir  « à la mode »; plusieurs sont stimulés par les achats basés sur le « momentum ». Un titre ne devient pas une aubaine parce qu’il se déprécie seulement moins cher qu’auparavant. Mais lorsqu’un titre de qualité basé sur une saine recherche d’investissement est temporairement peu dispendieux, il devient un achat, mais non une vente, même s’il peut devenir encore moins cher alors que les « investisseurs » continuent de vendre.

Les meilleures périodes surviennent lorsque tout le marché est sous-évalué. Si 15 fois les bénéfices est la norme à long terme pour le marché en entier, niveau où se situe le marché à l’heure actuelle, dès lors tout ce qui se transige à un niveau inférieur est peu dispendieux à long terme et vice versa. Même si vous n’achetez pas normalement au creux du marché, mais à 17 ou 18 fois les bénéfices, en temps et lieu vous vendrez à un prix plus élevé. Cependant, à plus de 20 fois les bénéfices, vous pouvez conclure qu’historiquement que le marché est dispendieux et surévalué.

Si et lorsque nous connaîtrons une période d’inflation élevée, les actions se déprécieront  pour refléter la hausse des taux d’intérêt dans l’économie. Lors d’une période d’inflation élevée, les actions devraient logiquement s’apprécier à long terme, mais les taux d’intérêt plus élevés rendront les obligations plus attrayantes, puisque les rendements sont “plus élevés”. Ainsi, en termes de “rendement” seulement les obligations semblent “moins dispendieuses” que des actions dont  “le rendement est plus faible”.  Par contre, les actions sont actuellement soutenues par l’inflation à long terme puisqu’elles bénéficient d’une baisse en valeur réelle de l’endettement des entreprises en plus de la hausse des prix nominaux de leurs ventes, ce qui signifie que la valeur réelle de l’équité augmentera plus rapidement que l’inflation à long terme. Les dettes, en perdant de la valeur en termes réels, procure un levier positif pour l’équité. Mais parce que les actions baissent initialement, tel qu’expliqué plus haut, comme les rendements en dividendes s’accroissent, la valeur plus faible des actions semble valoir encore plus. Il en découle que les prix des actions devraient augmenter, réduisant la valeur réelle puisque normalement  de faibles taux d’intérêt vont de pair avec peu d’inflation.

Le marché idéal pour acheter ressemble à ceux de 1932 et 2009 lorsque le monde entier a paniqué, les investisseurs se sont délestés de leurs actions et les marchés ont trébuché fortement, tout en rajoutant à la peur. La logique vous enseigne que la confiance revient toujours avec le temps et qu’en temps et lieu, les prix doivent augmenter car les individus surmontent leur peur et se précipitent de nouveau pour acheter des actions qui s’apprécient. Donc 1932 et 2009 furent des périodes inquiétantes, mais en rétrospective,  furent logiquement aussi des périodes pour acheter puisque le risque au niveau des prix  était à son point le plus faible. Si vous pouvez surmonter votre peur et réaliser que vous achetez des aubaines, tout fonctionnera, même si vous achetez aveuglement et émotionnellement plutôt que rationnellement. Si vous n’êtes pas réellement sûr, recourir à l’aide d’un professionnel pourrait être votre meilleure décision.

L’investissement requiert plusieurs décisions rationnelles qui vont à l’encontre des émotions, basées sur les faits et qui impliquent de prendre avantage de la peur et de la cupidité des autres. Les vrais désastres comme en 2008 sont rares mais chaque cassure majeure des marchés qui conduit à des niveaux de marchés moyens ou inférieurs à la moyenne procure des opportunités ou vice versa.

Descartes aurait dû dire: Je pense, donc je fais de l’argent dans les marchés haussiers ou baissiers.      

 

 

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